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Blocage surprise des réseaux sociaux dans un pays africain : des interrogations émergent

Blocage surprise des réseaux sociaux dans un pays africain : des interrogations émergent

Dans une décision inattendue qui reflète la sensibilité du contexte actuel, l’Autorité de régulation des médias au Gabon a annoncé la suspension des plateformes de réseaux sociaux dans le pays « jusqu’à nouvel ordre ». Cette mesure a suscité l’attention des observateurs de la vie politique et sociale de cet État d’Afrique centrale.

L’annonce a été faite dans un communiqué télévisé lu par le porte-parole de la Haute Autorité de la communication, Jean Claude Mendome. Celui-ci a confirmé que la décision prévoit « la suspension immédiate des plateformes de réseaux sociaux au Gabon », sans préciser les plateformes concernées par ce blocage. Il a expliqué que cette mesure fait suite à la diffusion de contenus jugés inappropriés, diffamatoires et offensants sur certaines plateformes, estimant que ce type de publications porte atteinte à la dignité humaine, à la morale publique et à l’honneur des citoyens.

Le porte-parole a également indiqué que certaines publications relayées sur les réseaux sociaux pourraient nuire à la cohésion sociale et à la stabilité des institutions de la République, ainsi qu’avoir des répercussions potentielles sur la sécurité nationale. Il a ajouté que la persistance de tels contenus pourrait, dans le contexte gabonais, provoquer des tensions sociales et déstabiliser le pays, constituant ainsi une menace pour l’unité nationale et le processus de progression démocratique.

L’Autorité de régulation des médias n’a pas précisé la durée de cette suspension, se contentant d’indiquer que la décision restera en vigueur « jusqu’à nouvel ordre », laissant ainsi la porte ouverte à d’éventuelles évolutions dans les prochaines semaines.

Cette décision intervient alors que le Gabon fait face à une vague de protestations sociales, moins d’un an après l’élection du président Brice Oligui Nguema. Le pays connaît notamment un mouvement syndical mené par les enseignants, en grève depuis le mois de décembre dernier pour réclamer une amélioration des salaires et des conditions de travail.

La mobilisation ne se limite pas au secteur de l’enseignement scolaire : d’autres domaines, tels que la santé, l’enseignement supérieur et les médias, ont également exprimé des revendications. Certaines catégories professionnelles envisagent même des actions de protestation plus radicales, pouvant aller jusqu’à la cessation du travail.

Dans ce contexte social tendu, les autorités se retrouvent confrontées à des défis croissants, notamment en raison de l’imbrication des enjeux sociaux et médiatiques.

La décision de bloquer les réseaux sociaux au Gabon apparaît ainsi comme une mesure aux multiples dimensions, où se croisent la régulation de l’espace numérique et la préservation de la stabilité intérieure, dans une période particulièrement délicate sur les plans politique et social.

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