Plus de 80 % du territoire de l’Angleterre est en état de sécheresse, a indiqué, vendredi, l’Agence de l’environnement britannique, qui a ajouté le Yorkshire, région du nord du pays.
De la montée du niveau des mers aux systèmes alimentaires qui alimentent le changement climatique, des experts ont dégagé 10 constats exigeant une action urgente. Les émissions passées ont déjà «verrouillé» une partie des futurs impacts climatiques, mais l’ampleur de ces dommages dépend encore des mesures que nous prenons dès maintenant, selon une nouvelle étude majeure.
Le rapport «10 New Insights in Climate Science» est le fruit du travail de plus de 70 scientifiques issus de près de 30 pays et vise à traduire des recherches complexes en analyses accessibles et concises pour «éclairer des décisions à forts enjeux». Publié ce 6 octobre, il avertit que le dépassement du seuil de 1,5°C, tel que prévu par l’accord de Paris juridiquement contraignant, entraîne des «risques rapidement croissants d’impacts irréversibles» pour les océans, les glaciers et le pergélisol, et que les coûts économiques et sociaux de ce dépassement sont plus élevés qu’on ne le pensait.
10 pistes pour prévenir de nouveaux dégâts climatiques
«Les preuves sont irréfutables», explique Johan Rockström, directeur de l’Institut de recherche sur l’impact du climat de Potsdam, coprésident du réseau The Earth League et membre du comité éditorial du rapport. «1,5°C est une limite que nous franchissons à nos risques et périls. Au-delà, les risques d’impacts climatiques en cascade et potentiellement irréversibles augmentent, chaque dixième de degré supplémentaire les rendant plus graves». Les points-clés des «10 New Insights», élaborés par Future Earth, The Earth League et le World Climate Research Programme, décrivent une «fenêtre d’action qui se rétrécit» mais qui reste ouverte, en montrant ce qui est déjà verrouillé, ce qui peut encore être évité et où les politiques publiques peuvent avoir le plus d’effet.
L’absorption de chaleur par les océans assombrit les perspectives à long terme
L’océan continue d’absorber des quantités record de chaleur en raison du changement climatique d’origine humaine, verrouillant ainsi un réchauffement supplémentaire pour les années à venir. En août, la température moyenne de surface des mers a atteint 21,1°C – le niveau le plus élevé jamais enregistré. L’an dernier, des experts ont averti que l’acidification des océans de la planète – c’est-à-dire la baisse du pH de l’eau due à l’absorption de CO2 – était entrée pour la première fois dans la zone de danger. Le nouveau rapport affirme que des réductions profondes des émissions de gaz à effet de serre sont «urgemment nécessaires» pour éviter une accumulation durable de chaleur. «L’océan a été l’amortisseur de notre planète», souligne Wendy Broadgate, directrice du Global Hub de Future Earth et membre du comité éditorial du rapport. «Parce qu’il faut des décennies pour que la chaleur pénètre dans les profondeurs marines, les émissions d’aujourd’hui verrouillent de fait un réchauffement et une hausse du niveau de la mer supplémentaires. Des réductions profondes et rapides des émissions sont la seule manière de limiter ces risques».
Le niveau des mers continue de monter
La fonte des glaciers et des calottes glaciaires alimente la hausse du niveau de la mer, exposant davantage de populations à des inondations sévères. Le rapport avertit qu’une partie de cette élévation est déjà irréversible en raison de l’impact des émissions passées, mais que son ampleur dépend encore de la rapidité avec laquelle le monde réduira ses émissions de gaz à effet de serre.
Les ressources en eau douce se raréfient
Les pénuries d’eau se creusent à mesure que le dessèchement des continents – le déclin durable et à grande échelle de la disponibilité et du stockage de l’eau douce – s’accélère.
Selon l’ONU, d’ici à 2030, une personne sur deux devrait être confrontée à de graves pénuries d’eau.
Liam Gilliver




























