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Algérie - Suisse : les erreurs de Petković décryptées par un expert

Algérie - Suisse : les erreurs de Petković décryptées par un expert

Après un parcours qui avait redonné de l'espoir à tout un pays, l'équipe d'Algérie a quitté la Coupe du monde par la petite porte en s'inclinant 2 à 0 face à la Suisse. Au-delà du résultat, une question domine les débats depuis le coup de sifflet final. Les choix de Vladimir Petković ont-ils pesé plus lourd que les qualités de l'adversaire ?

La réponse n'est évidemment pas aussi simple qu'un oui ou un non. Les erreurs individuelles ont coûté cher, la Suisse a livré une prestation très solide, mais plusieurs décisions du sélectionneur sont aujourd'hui au cœur des critiques. Positionnement des joueurs, composition de départ, animation offensive, changements tardifs, tout est passé au crible.

Pourquoi les choix de Petković sont autant critiqués ?

Le premier reproche concerne la cohérence de l'équipe alignée. Plusieurs cadres ont évolué dans un rôle qui n'est pas celui où ils sont le plus performants.

Sur le papier, l'idée pouvait sembler séduisante. Dans les faits, elle a surtout donné une équipe déséquilibrée, incapable de créer suffisamment de danger dans les trente derniers mètres.

La Suisse, parfaitement organisée, a rapidement compris comment neutraliser les principaux atouts offensifs algériens.

Aïssa Mandi, un pari qui n'a pas payé

Parmi les décisions les plus discutées figure la titularisation de Aïssa Mandi. Le défenseur central semblait déjà éprouvé physiquement lors des rencontres précédentes. Face à des attaquants suisses rapides et mobiles, il a parfois souffert dans les courses et les transitions.

Certains observateurs estiment que Petković aurait pu injecter davantage de fraîcheur dans son arrière-garde. La Suisse a d'ailleurs trouvé des espaces dès les premières minutes, avant d'ouvrir rapidement le score.

En réalité, le problème n'est pas seulement Mandi, mais l'insistance de Petković à reconduire la charnière Aïssa Mandi - Ramy Bensebaïni, alors que plusieurs observateurs estiment qu'elle montre ses limites depuis plusieurs matchs. D'anciens joueurs et des médias spécialisés ont d'ailleurs remis en question cette association après les dernières contre-performances.

Ibrahim Maza en faux numéro 9, un choix surprenant

Autre décision qui alimente les débats, le positionnement de Ibrahim Maza en faux numéro 9. Naturellement plus à l'aise comme milieu offensif ou meneur de jeu, Maza a souvent décroché pour toucher le ballon.

Cette liberté a eu un effet secondaire important. La surface suisse s'est régulièrement retrouvée sans véritable point de fixation. Les défenseurs helvétiques ont ainsi pu défendre avec beaucoup plus de sérénité, sans avoir à surveiller un véritable avant-centre.

L'Algérie a conservé le ballon pendant de longues séquences, mais a rarement donné le sentiment de pouvoir faire vaciller la défense adverse.

Farès Chaïbi éloigné de sa zone préférée

Le cas de Farès Chaïbi est lui aussi largement commenté.

Aligné sur le côté gauche, il a passé une bonne partie de son match à défendre et à recevoir le ballon loin de la zone où il excelle habituellement. Or, Chaïbi est reconnu pour sa qualité entre les lignes, sa vision du jeu et sa capacité à casser les blocs adverses dans l'axe.

En l'éloignant de cette position, l'Algérie s'est privée d'un de ses meilleurs créateurs.

Riyad Mahrez trop souvent obligé de décrocher

Même constat pour Riyad Mahrez. Le capitaine a régulièrement quitté les zones offensives pour venir participer à la construction du jeu. Cette situation traduit généralement une difficulté collective à alimenter les attaquants.

Lorsqu'un joueur comme Mahrez touche la majorité de ses ballons loin du but adverse, il devient naturellement moins dangereux dans les derniers mètres.

La Suisse en a pleinement profité en fermant les espaces autour de sa surface.

Une réaction tactique qui s'est fait attendre

Menée rapidement, puis de nouveau dès le retour des vestiaires, l'Algérie n'a jamais semblé trouver les solutions. Les changements opérés par Petković sont jugés tardifs par une partie des observateurs.

Surtout, le système de jeu est resté pratiquement inchangé alors que la sélection nationale devait absolument revenir au score. La Suisse, parfaitement organisée défensivement, n'a eu qu'à gérer son avance en exploitant les espaces laissés par les Fennecs.

Petković est-il le seul responsable ?

Attribuer cette élimination au seul sélectionneur serait réducteur.

Les deux buts encaissés trouvent également leur origine dans des erreurs défensives. L'efficacité offensive a également fait défaut malgré plusieurs situations intéressantes. En revanche, il est difficile d'ignorer que plusieurs choix de Petković ont alimenté les difficultés rencontrées par l'équipe d'Algérie.

C'est précisément ce constat qui nourrit aujourd'hui la colère d'une partie des supporters. Plus que la défaite elle-même, beaucoup ont le sentiment que l'Algérie ne s'est jamais présentée avec son meilleur visage dans ce rendez-vous décisif.

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