Cette position a d’ailleurs été réaffirmée le 22 septembre dernier par le ministère brésilien de l’Agriculture et de l’Élevage, qui classe également l’Algérie au troisième rang des partenaires commerciaux du Brésil dans le monde arabe. En 2025, les échanges entre les deux pays avaient dépassé 3,6 milliards de dollars.
Ainsi, entre janvier et août 2026, les exportations brésiliennes vers l’Algérie ont progressé de 6,6%, pour atteindre environ 1,6 milliard de dollars. Dans le même temps, les achats brésiliens de produits algériens ont reculé de 22,7%, à 728,8 millions de dollars.
Cette évolution a porté l’excédent commercial brésilien à 905,6 millions de dollars, en hausse de 53,3%. La baisse des importations brésiliennes s’explique notamment par le recul des achats d’engrais azotés et de produits pétroliers raffinés algériens.
La structure des exportations brésiliennes reste toutefois largement dominée par les produits agricoles et agroalimentaires. En 2024, le sucre de canne représentait à lui seul près de 953 millions de dollars, devant le maïs avec 407 millions, le soja avec 336 millions et les viandes avec 206 millions. Ces quatre catégories concentraient ainsi plus de 80% des ventes brésiliennes vers l’Algérie.
En 2026, le sucre reste en tête, avec 445,6 millions de dollars sur les huit premiers mois, malgré un recul de 23,6%. Le minerai de fer s’est en revanche fortement distingué, avec 442,9 millions de dollars, soit une progression de 72,5%. Une évolution qui contribue à diversifier progressivement la composition des échanges.
Côté algérien, les hydrocarbures demeurent au cœur des ventes vers le marché brésilien. Le pétrole brut a généré 532,6 millions de dollars entre janvier et août 2026, un niveau quasiment stable sur un an. Les engrais azotés ont rapporté 119,7 millions de dollars, tandis que les produits pétroliers raffinés ont atteint 66,2 millions. À eux trois, ces produits représentent près de 99% des exportations algériennes vers le Brésil sur la période.
Ces données mettent en évidence un potentiel important de diversification. Pour Alger, l’enjeu consiste notamment à accroître la présence des produits industriels et agricoles algériens sur le marché brésilien, tout en renforçant les exportations d’engrais et de produits à plus forte valeur ajoutée.
L’intérêt brésilien pour le marché algérien ne se limite toutefois plus aux grands produits d’exportation. Les autorités brésiliennes identifient désormais plusieurs créneaux susceptibles d’élargir les échanges, notamment les équipements agricoles, les viandes, les bovins vivants, les semences, les produits vétérinaires, le coton, le riz, les légumineuses et les équipements agroalimentaires.
Pour l’Algérie, cette dynamique peut également ouvrir la voie à des partenariats industriels. La coopération avec les entreprises brésiliennes pourrait notamment concerner la production d’aliments pour bétail, l’élevage, les équipements agricoles, les semences et la transformation agroalimentaire.
Avec un cadre de coopération économique et agricole déjà établi entre les deux pays, le prochain enjeu sera donc moins celui du volume des échanges que celui de leur diversification.
L’objectif serait de transformer une relation encore largement fondée sur les matières premières et les produits agricoles en un partenariat intégrant davantage d’investissements, de transfert technologique et de production conjointe.
K. B.





























