«Tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme, donc Socrate est mortel», un syllogisme hérité du philosophe grec Aristote. En l’absence de communication claire et assumée de la Fédération algérienne de football (FAF) et de son président Walid Sadi, dont la dernière déclaration remonte à l’annonce de la prolongation du contrat de l’ancien sélectionneur, Vladimir Petkovic, à la veille du Mondial 2026, en juin dernier, le raisonnement déductif s’impose de lui- même à qui veut comprendre, analyser et informer l’opinion publique.
Face à la multiplication des actualités et aux interrogations qu’elles suscitent, notamment après la réunion des 54 fédérations africaines à Santa Maria, sur l’île de Sal, au Cap-Vert, il est important, voire déterminant, de connaître le positionnement de la fédération, et donc de l’Algérie, sur l’épineuse question du soutien ou non au président de la FIFA, Gianni Infantino.
Candidat à sa propre succession en mars prochain, bousculé et fragilisé par le projet avorté FIFA Forward Enterprise, l’Italo-Suisse ne cesse de mobiliser autour de sa candidature à un nouveau mandat de quatre ans. Comme annoncé par Botola [édition du 13 août 2026, « Lekjaa veut imposer un soutien unanime à Infantino »], la réunion du Cap-Vert a «officiellement» accouché d’un soutien unanime à Gianni Infantino, renouvelé par Patrice Motsepe, président de la CAF et vice-président de la FIFA, qui avait déjà annoncé la couleur en pleine tempête. Walid Sadi, membre algérien du comité exécutif de la CAF, ne s’est jamais prononcé sur la question, pas plus qu’il ne s’est démarqué des annonces de son patron à la CAF.
Le président de la FAF a assisté, le 1er octobre à Djeddah, à une réunion «bidon» de l’Union des associations arabes de football (UAFA), où il a une nouvelle fois été question du soutien des fédérations arabes à la candidature de Gianni Infantino. Or, si l’on peut aisément comprendre que certains trouvent leur compte dans ce soutien, particulièrement les membres du Conseil de la FIFA – le Mauritanien Ahmed Yahya, l’Égyptien Hani Abou Rida, le Djiboutien Souleiman Waberi et le Marocain Fouzi Lekjaa -, il est légitime de s’interroger sur l’opportunité d’un tel soutien pour Walid Sadi, qui représente l’Algérie et non sa personne.
Selon nos informations, recoupées auprès de plusieurs sources, seule une dizaine de fédérations se prononcent en «off» contre un nouveau mandat de Gianni Infantino. Puisque la FAF et son président observent un silence assumé sur toutes les questions du football, et plus particulièrement sur l’élection de l’année prochaine à la FIFA, on peut s’autoriser le syllogisme suivant : si le Comité exécutif de la CAF, dont fait partie Walid Sadi, les 54 fédérations africaines et l’Union des associations arabes de football, dont la FAF est membre, soutiennent Infantino, et puisque qui ne dit mot consent, alors Walid Sadi soutient lui aussi Gianni Infantino !
Nazim Bessol




























