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La guerre de l’Ukraine contre le géant russe n’est pas facile à mener. Surtout pour un pays pauvre qui n’appartient à aucun grand organisme pouvant le soutenir. Toutefois, le pays a réussi à obtenir l’assistance des États-Unis et de l’Union européenne, qui depuis quatre ans et demi financent à coup de centaines de milliards de dollars et d’euros l’effort de guerre de Kiev tout en envoyant également des dizaines de milliards en aide humanitaire. Un autre élément essentiel de la résistance ukrainienne est également basé sur le soutien inconditionnel de la population. Or, ces derniers jours, cette dernière était très remontée contre son exécutif après le départ du gouvernement de l’un des récents héros de la guerre, après des frictions avec un autre personnage haut placé. Mais après des manifestations dans le pays et un déferlement sur les réseaux sociaux, le président ukrainien a corrigé le tir. En effet, Volodymyr Zelensky a annoncé, mardi, le limogeage du commandant en chef de l’armée, Oleksandre Syrsky, qu’il a remplacé par le populaire commandant des forces interarmées, Mykhaïlo Drapaty, sur fond de grogne après le départ du ministre de la Défense. «J’ai décidé que le nouveau commandant en chef des Forces armées d’Ukraine serait Mykhaïlo Drapaty… Je remercie Oleksandre Syrsky et tous nos combattants pour les solides positions de première ligne de l’Ukraine», a déclaré Zelensky mardi soir dans un message sur Telegram. Oleksandre Syrsky, 60 ans, occupait ce poste depuis 2024. Il a notamment dirigé avec succès la défense de Kiev au début de l’invasion russe en 2022. Sa destitution intervient après plusieurs jours de manifestations en soutien au ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, évincé le 14 juillet après seulement six mois en fonction. Celui-ci a accusé Syrsky de l’avoir poussé vers la sortie et d’avoir entravé sa tentative de réforme de l’armée. Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, issu de l’industrie technologique et n’ayant jamais servi dans l’armée, militait pour un recours massif aux innovations digitales pour décupler le potentiel des drones et réorganiser en profondeur les forces armées. «Servir l’Ukraine a toujours été un honneur pour moi», a réagi sur Facebook le général Drapaty, ancien commandant de l’armée de terre, âgé de 43 ans. Le limogeage du général Syrsky insuffle «une bouffée d’air frais et un nouvel espoir dans le combat contre la Russie», a de son côté salué Fedorov. Né en Russie et formé à Moscou, Oleksandre Syrsky n’est en effet jamais parvenu à se défaire de sa réputation de général à la mentalité soviétique : ses détracteurs lui reprochent de faire peu de cas des pertes humaines, lui valant le surnom de «boucher». Ce chamboulement à la tête de l’armée ukrainienne intervient alors que le nombre de civils tués ou blessés a augmenté de 37 % sur les six premiers mois de cette année, a alerté, mardi, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. «Nous avons recensé 1 396 civils tués et 7 978 blessés dans les deux pays, ce qui représente une hausse de 37 % par rapport à la même période de l’année précédente, et près du double du niveau observé en 2024», a déclaré devant la presse à Genève Danielle Bell, représentante de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine. Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, les frappes des deux côtés du front montent en puissance et font un nombre toujours croissant de victimes civiles. Reste à voir si le départ de Syrsky aura un impact sur ces chiffres et si les nouvelles méthodes souhaitées par la jeune génération seront effectives, les technologies des drônes ukrainiens étant très positives et convoitées par de nombreux pays, dont les États-Unis, qui souhaitent acquérir leur système ; ou si le président Zelensky regrettera sa décision de se détacher de l’un de ses hommes les plus aguerris de son équipe, qui a par ailleurs déjà prouvé sa valeur au début de la guerre.

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