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Réhabilitation du complexe sidérurgique d’El Hadjar : L’expertise chinoise à l’œuvre

Réhabilitation du complexe sidérurgique d’El Hadjar : L’expertise chinoise à l’œuvre

Fleuron de l’industrie nationale durant les années 70 avant d’entrer dans une spirale de crise, ce complexe sidérurgique, longtemps à la peine, pourrait enfin retrouver un second souffle grâce à un partenaire étranger stratégique.

En effet, les négociations avec le leader mondial de l’acier « China Baowu Steel Group » sont déjà engagées par le ministère de l’Industrie, et le partenaire chinois devra présenter, avant la fin du mois de septembre prochain, la conception technologique finale du projet, un projet de mémorandum d’entente sur le partenariat, ainsi qu’une feuille de route détaillée pour la concrétisation du projet.

En effet, le dossier de réhabilitation et de développement du complexe d’El Hadjar a été à l’ordre du jour d’une réunion entre le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, et une délégation du groupe chinois « Baowu Steel Group », en présence de représentants de China Road & Bridge Corporation (CRBC) en Algérie, du directeur général de la Société nationale de sidérurgie (SNS), ainsi que de représentants du groupe industriel Sider et d’Algerian Qatari Steel (AQS).

En termes clairs, le ministère travaille à définir les contours d’un partenariat destiné à moderniser le site d’Annaba, renforcer ses capacités de production et l’intégrer davantage dans l’écosystème sidérurgique national.

Le ministère de l’Industrie a souligné, dans son communiqué, que ce projet s’inscrit dans une vision nationale visant à relancer les actifs industriels stratégiques et à développer une industrie sidérurgique plus intégrée et compétitive, à même de renforcer la production nationale, d’accroître les niveaux d’intégration locale, de soutenir les industries de transformation et de contribuer à consolider la souveraineté industrielle.

Le complexe sidérurgique d’El Hadjar s’apprête donc à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire industrielle. Après plusieurs années marquées par les difficultés, les arrêts de production et les opérations successives de redressement causant un gouffre financier pour le Trésor public, le fleuron de la sidérurgie algérienne pourrait bénéficier de l’expertise d’un des plus grands acteurs mondiaux de l’acier, China Baowu Steel Group.

Depuis le départ d’ArcelorMittal, plusieurs programmes de réhabilitation ont été annoncés, rappelle-t-on, pour relancer El Hadjar, mais en vain. Un premier plan, estimé à 430 millions de dollars, avait ciblé notamment l’agglomération, le haut-fourneau n°2, l’aciérie à oxygène et différents équipements énergétiques et logistiques.

D’autres estimations situent l’investissement global entre 600 et 720 millions de dollars, mais ces montants correspondent à des phases et des périmètres différents et ne peuvent être cumulés.

En 2021, un nouveau plan de croissance d’environ 80 milliards de dinars, réparti en deux tranches de 34 et 46 milliards de dinars, devait moderniser les aciéries, les laminoirs et les unités de soutien. Malgré ces annonces, le complexe a continué à subir des arrêts techniques, des problèmes d’approvisionnement et la vétusté des installations.

Le redémarrage du haut-fourneau n°2 en décembre 2023 devait toutefois relancer la production, avec un objectif de plus de 1,3 million de tonnes de produits finis par an.

En 2024, un nouveau programme d’environ 500 millions de dollars a été annoncé pour moderniser le complexe et rétablir sa viabilité. À plus long terme, les projections évoquent jusqu’à 2,5 milliards de dollars d’investissements et une capacité de production de 2,5 millions de tonnes par an.

La stratégie actuelle, portée par ALSOLB, ambitionne désormais une production d’environ 3 millions de tonnes par an. Elle prévoit une phase transitoire destinée à générer des revenus grâce aux produits semi-finis et à l’acier pour béton armé, avant une transformation plus profonde de l’outil industriel.

Le projet mise également sur les minerais d’Ouenza et Boukhadra, la valorisation du minerai de Gara Djebilet, ainsi que le développement de produits destinés au marché national et à l’exportation.

La nouvelle démarche semble vouloir tirer les enseignements de cette expérience en privilégiant une approche davantage intégrée, associant modernisation technologique, développement des compétences, intégration locale et articulation avec les autres segments de la filière sidérurgique.

H. O.

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