«La FIFA mérite un leader, pas un dealer». Le message affiché vendredi soir sur les écrans géants de Times Square de New York est brutal. Flanqué du hashtag #Infantino Out#, il appelle également les confédérations à écarter Gianni Infantino de la présidence de la FIFA.
Certes une opération de communication ne fait évidemment pas tomber un président de la FIFA. Mais le symbole est fort. La contestation qui visait jusque-là les bureaux de Zurich et les instances du football international, s’affiche désormais au cœur de New York, sous les yeux du monde entier.
L’affaire du projet controversé d’ouverture du capital de la FIFA à des investisseurs privés a incontestablement accéléré la fronde. Le projet a été abandonné, mais la polémique n’est pas retombée. UEFA, AFC et CONCACAF ont exprimé leurs réserves sur la méthode et sur la gouvernance de la FIFA. Des fédérations ont également commencé à prendre leurs distances.
Infantino conserve cependant des soutiens, notamment en Afrique. Le continent a bénéficié ces dernières années de soutien financier de la FIFA et quelques membres du Conseil et du CE de la CAF, lui ont fait allégeance. Mais là encore, il serait imprudent de parler d’un bloc acquis à Infantino. Les rapports de force peuvent évoluer, surtout lorsque la bataille pour la présidence de 2027 entrera dans sa phase décisive.
Le sondage Odoxa-RTL-Winamax, selon lequel 92 % des Français interrogés ne souhaitent pas voir Infantino réélu en 2027, constitue un signal, mais certainement pas un verdict mondial. Ce ne sont évidemment pas les Français qui éliront en solo, le président de la FIFA. Le chiffre est néanmoins révélateur d’une dégradation de son image auprès d’une partie de l’opinion footballistique.
Ce qui rend les panneaux de Times Square intéressants, c’est qu’ils ne représentent ni une confédération ni une fédération. Ils traduisent la volonté de faire sortir la contestation des réunions et des communiqués pour la porter sur la place publique. Infantino peut rappeler son bilan, défendre l’augmentation des revenus de la FIFA et mettre en avant les programmes de développement. Cela ne semble pas suffisant.
Ses adversaires ont désormais déplacé le débat. Ils ne contestent plus seulement une décision. Ils mettent en cause une méthode et, plus largement, une conception de la gouvernance du football mondial. À quelques mois de l’élection de 2027, c’est peut-être là que se trouve le véritable danger pour le président de la FIFA. Times Square ne vote pas. Mais le message, lui, est clair : Infantino Out.
– AHMED BESSOL




























