À Alger, l’indice brut des prix à la consommation a légèrement reculé de près de 0,1 % en juin 2026 par rapport à mai, après une progression de 0,3 % le mois précédent. Cette évolution s’explique principalement par la baisse de 0,3 % des prix des biens alimentaires, précise l’ONS dans sa Note sur l’Indice des prix à la consommation durant le mois de juin 2026.
Les produits agricoles frais ont, pour leur part, diminué de 0,7 % en moyenne. Cette tendance traduit une relative accalmie sur le marché alimentaire, avec plusieurs produits ayant enregistré des baisses significatives.
Les prix de la viande et des abats de mouton ont reculé de 4,9 %, ceux du poulet de 4,8 % et les légumes de 4,5%. Ces replis ont largement contribué à compenser les hausses observées sur certains produits frais.
La pomme de terre, principale hausse
La situation reste toutefois contrastée selon les produits. La pomme de terre s’est particulièrement distinguée par une hausse de 32,1 % de son prix en juin par rapport au mois précédent. Cette hausse perdure encore.
D’ailleurs, le prix de la pomme de terre oscille actuellement entre 110 DA, voire 120 DA/kg, après avoir été entre 80 et 90 DA/kg durant les mois de juin et juillet derniers. Une situation qui s’explique par le recul de l’offre sur le marché, à la suite de la baisse de la production fraîche de pomme de terre (fin des récoltes de la saison principale) et des fortes chaleurs qui pénalisent les cultures dans le Nord. Les fruits ont également progressé de 11,9 %, illustrant la persistance de tensions ponctuelles sur certaines composantes du panier alimentaire.
Cette évolution de la pomme de terre intervient alors même que l’ensemble des produits agricoles frais affiche une baisse mensuelle. Elle constitue ainsi l’un des principaux facteurs de tension au sein de cette catégorie, dans un marché marqué par des mouvements de prix très différenciés selon les produits et les périodes de production.
Sur une base annuelle, la pression reste également perceptible. En juin 2026, les prix des biens alimentaires à Alger ont augmenté de 7,9 % par rapport au même mois de 2025, indique la même source. Les produits agricoles frais affichent une progression beaucoup plus importante, de 14,8 %, portée notamment par la viande et les abats de mouton, dont les prix ont augmenté de 18,3 % sur un an.
À l’inverse, les produits alimentaires industriels demeurent relativement contenus, avec une hausse limitée à 0,1 % sur un an et de 0,2 % sur un mois. Cette relative stabilité constitue un élément favorable dans l’évolution générale du panier alimentaire.
Stabilisation de la dynamique inflationniste
Malgré les variations enregistrées sur certains produits, l’évolution générale des prix demeure relativement maîtrisée. À Alger, la variation des prix à la consommation entre juin 2025 et juin 2026 s’établit à +8,4 %. Mais le rythme d’inflation annuel, calculé sur la période allant de juillet 2025 à juin 2026 par rapport aux douze mois précédents, ressort à seulement +2,5 %, enregistrant toutefois une hausse de 0,7 % par rapport à mai 2026 (1,8%).
Cet indicateur traduit une stabilisation de la dynamique inflationniste sur une période de douze mois, malgré les fluctuations mensuelles que peuvent connaître les produits alimentaires, en particulier les produits agricoles frais.
La tendance est également favorable à l’échelle nationale. Les données de l’ONS pour le mois de juin 2026 font foi. En effet, l’indice général des prix à la consommation a diminué de près de 0,4 % par rapport au mois précédent, tandis que les prix des biens alimentaires ont reculé de 0,9 %. Le mouvement de baisse observé au niveau national est donc plus marqué que celui enregistré dans la capitale.
Des écarts importants selon les produits
Par ailleurs, l’examen détaillé des prix relevés par l’ONS montre néanmoins que la stabilisation globale masque des évolutions très différentes selon les produits. Dans les viandes, certains produits restent nettement plus chers qu’un an auparavant. Le prix de la viande de mouton a ainsi augmenté de 18,98 %, celui du bœuf et du veau avec os de 16,72 %, tandis que le beefsteak progresse de 12,60 %.
Le poulet évidé entier constitue, en revanche, une exception avec une baisse de 4,84 % sur un mois et de 6,95 % sur un an. Idem pour le marché des poissons qui a évolué de manière contrastée. La sardine fraîche a enregistré une baisse de 12,85 % en juin, alors que le merlan et le rouget ont progressé respectivement de 1,75 % et 2,31 %.
Les légumes présentent eux aussi d’importants écarts. L’ail vert a bondi de 55,95 % sur un mois, tandis que l’oignon vert a augmenté de 1,85 %. À l’inverse, les prix du haricot vert rond, de la petite courgette verte claire et du concombre ont reculé respectivement de 35,80 %, 20,65 % et 18,20 %.
Sur un an, plusieurs légumes restent toutefois orientés à la hausse, notamment l’oignon vert (+57,66 %), l’ail vert (+35,71 %) et la tomate (+17,50 %). Les fruits constituent une autre source de pression sur les prix alimentaires. Le citron a augmenté de 9,36 % en juin par rapport au mois précédent, la pomme verte de 18,08 % et l’orange commune de 16,49 %. Certaines baisses saisonnières sont toutefois observées, notamment pour les cerises, dont les prix ont fortement reculé durant le mois.
Concernant les produits non alimentaires, ils ont enregistré des hausses sensibles en juin, à l’image de la poêle à frire en aluminium (+11,98 %), de la laitière en inox (+10,08 %), du couscoussier en aluminium (+6,06 %) et du détergent liquide (+7,74 %).
Dans l’ensemble, les données de l’ONS de juin font ainsi ressortir une situation caractérisée par une inflation globalement contenue et une orientation favorable des prix alimentaires, mais également par la persistance de tensions sur certains produits frais.
H. O.




























