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La figue de Barbarie : Une autre saveur de l’été algérien

La figue de Barbarie : Une autre saveur de l’été algérien

Chaque été, ils sont nombreux, parmi notre grande diaspora établie à l’étranger, à reprendre le chemin du pays. Ils reviennent retrouver la mer, le soleil, les mariages, les fêtes familiales, les ruelles des villages et surtout ces saveurs qui ont bercé leur enfance. Parmi elles, il en est une qui occupe une place toute particulière : la figue de Barbarie. Pour ceux qui vivent loin de l’Algérie, le plaisir est parfois aussi simple que celui de s’arrêter devant un marchand ambulant, d’acheter quelques fruits et de les rapporter à la maison. Puis vient le moment de les faire découvrir aux enfants, parfois nés loin du pays, ou de les partager avec son épouse, sa famille et ses proches. Une manière de transmettre, au-delà du goût, une mémoire et une identité. En Algérie, la figue de Barbarie porte plusieurs noms selon les régions : el-hindi, karmouss n’sara, akermus, aknari, taknarit ou encore sabra. En Kabylie, akermus résonne particulièrement dans la mémoire collective. Il évoque les chemins poussiéreux des villages, les murets en pierre, les champs et ces cactus qui résistent aux chaleurs les plus fortes.

Un fruit derrière lequel se cache toute une enfance
Il suffit parfois d’une seule bouchée pour remonter le temps. Nous nous souvenons de ces journées d’été où nous partions, en famille ou avec nos camarades, à la recherche des figues de Barbarie. Il fallait alors faire preuve d’enthousiasme, mais aussi de prudence. Car derrière la douceur du fruit se cachait une véritable armure : ces minuscules épines, presque invisibles, capables de s’accrocher à la peau et de gâcher momentanément la dégustation.
Une fois débarrassée de sa peau, la figue révélait pourtant un trésor : une pulpe généreuse, juteuse, sucrée et parfumée, pouvant être rougeâtre, orangée, jaunâtre ou verdâtre, parsemée de petites graines. Servie bien fraîche, elle devient l’une des grandes douceurs des journées d’août. Dans certains foyers, on la plonge même dans l’eau fraîche avant de la déguster. Le geste est simple, mais le souvenir qu’il laisse est immense. La figue de Barbarie mûrit principalement pendant les mois d’été et peut être consommée jusqu’au début de l’automne. Elle accompagne ainsi les longues journées ensoleillées et les soirées où la famille se retrouve autour des plaisirs simples de la saison.
Les anciens connaissaient parfaitement les gestes permettant de cueillir le fruit sans se faire piquer. La récolte pouvait se faire à l’aide de longues perches confectionnées avec des branches, notamment de laurier-rose, dont l’extrémité était naturellement formée de petites ramifications permettant de coincer le fruit et de le détacher délicatement. Aujourd’hui encore, certains utilisent des outils spécialement fabriqués pour cette tâche. La cueillette ressemble alors à une véritable chorégraphie entre l’homme et la nature : approcher, saisir, tourner légèrement, détacher le fruit, puis recommencer. Un savoir-faire discret, transmis de génération en génération, qui mérite d’être préservé.

Hafit Zaouche

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