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FIFA : Kévin Lamour, celui qui a dit non à Infantino (Ahmed Bessol)

FIFA : Kévin Lamour, celui qui a dit non à Infantino (Ahmed Bessol)

Il était l’un des hommes les plus importants de la FIFA et pourtant, presque personne ne le connaissait. Kévin Lamour vient de sortir de l’ombre en disant non à Gianni Infantino. Un « non » qui lui a coûté son poste, mais qui pourrait laisser des traces dans la maison du football mondial. Il n’est pas un opposant venu de l’extérieur. Il connaît parfaitement le système. Depuis 2007, il a évolué dans les coulisses du football international, d’abord auprès de Michel Platini à l’UEFA, dont il fut le chef de cabinet, avant de rejoindre la FIFA en 2023. Directeur des opérations et numéro trois de l’institution, il avait sous sa responsabilité un vaste secteur allant des relations avec les fédérations aux ressources humaines, en passant par les finances et le juridique.

Un homme du sérail. Mais un homme qui, contrairement à beaucoup d’autres, a choisi de parler. Lorsque Gianni Infantino a voulu faire avancer son projet d’ouverture du football mondial à des investisseurs privés, il s’est publiquement opposé à la démarche. Il a dénoncé un projet insuffisamment transparent et, surtout, une décision qui, selon lui, relevait davantage de la volonté d’un homme que de celle de l’institution. Il savait ce qu’il risquait. Il l’avait même quasiment annoncé : si défendre ses convictions devait lui coûter son emploi, il l’accepterait. Le scénario s’est réalisé. Le projet a finalement été retiré et, quelques semaines plus tard, Lamour a été remercié par la FIFA.

Ce qui rend son départ embarrassant pour Infantino, c’est précisément le profil de celui qui l’a défié. Lamour n’est ni un agitateur ni un adversaire politique déclaré. Discret, peu présent dans les médias, il s’est construit une réputation d’homme travailleur et attaché à ses principes. Son message d’adieu résume mieux que n’importe quel discours sa position : «Dans la vie, il ne s’agit pas de faire ce qui est facile ; il s’agit de faire ce qui est juste». Une phrase qui résonne particulièrement fort après son éviction. Lamour n’a pas renversé Infantino. Il n’a pas gagné une bataille de pouvoir. Il a fait quelque chose de plus rare dans les instances internationales : il a dit non depuis l’intérieur. Et c’est peut-être ce qui dérange le plus à quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA. Et pour Gianni Infantino, ce «non» venu de son propre camp n’est certainement pas anodin.

AHMED BESSOL

 

 

 

 

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