Le football mondial traverse une période où les interrogations sur sa gouvernance deviennent de plus en plus nombreuses. À mesure que la FIFA étend son influence sur le calendrier international, les formats des compétitions et les grandes orientations stratégiques, un sentiment s’installe : celui d’un déséquilibre croissant entre l’instance mondiale et les confédérations continentales. Les critiques récemment exprimées par plusieurs dirigeants du football ne doivent pas être perçues comme de simples prises de position individuelles. Elles traduisent un malaise qui dépasse les personnes et pose une question de fond : qui fixe aujourd’hui les règles du jeu ?
La FIFA est, par définition, le chef d’orchestre du football mondial. Mais une gouvernance efficace ne saurait se confondre avec une concentration des décisions. Les six confédérations continentales ne sont pas de
simples relais administratifs. Elles représentent les réalités sportives de leurs continents, portent les attentes de leurs associations membres et participent, depuis toujours, à l’équilibre du football international. Leur silence sur les grandes réformes interroge autant que les décisions elles-mêmes. L’augmentation du
nombre de participants à la Coupe du monde, l’encombrement du calendrier international, la multiplication des compétitions et la place grandissante accordée aux considérations commerciales alimentent un débat qui ne peut plus être éludé.
Il ne s’agit pas de contester le principe de l’évolution du football, mais de s’interroger sur la manière dont ces choix sont arrêtés et sur le degré de concertation qui les accompagne. L’Afrique, qui représente un poids électoral majeur au sein de la FIFA, ne peut rester spectatrice de cette réflexion. La CAF, comme l’UEFA,
la CONMEBOL, la CONCACAF, l’AFC et l’OFC, dispose d’une légitimité suffisante pour participer pleinement
à la définition des grandes orientations du football mondial. Les confédérations ne gagneraient rien à s’opposer systématiquement à la FIFA, mais elles auraient tout à gagner à faire entendre une voix commune lorsque l’intérêt général du football est en jeu.
Le débat ne concerne pas un homme, ni même un mandat. Les présidents passent, les institutions demeurent. Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est la capacité du football mondial à préserver un équilibre entre l’autorité nécessaire d’une instance internationale et l’autonomie indispensable de ses composantes. Une gouvernance moderne ne peut s’épanouir sans dialogue, ni sans contrepoids. Le football a toujours puisé sa force dans sa diversité. Cette richesse mérite d’être défendue par des institutions capables de dialoguer d’égal à égal. Les confédérations continentales ont aujourd’hui une responsabilité historique : contribuer à restaurer cet équilibre afin que les grandes décisions ne soient plus seulement acceptées, mais véritablement partagées.
C’est à ce prix que le football conservera sa crédibilité et son caractère universel. Infantino en est incapable et donc, il doit partir.
Ahmed besson




























