En effet, l’un des dossiers suivis par le Conseil concerne la ligne ferroviaire minière reliant le gisement de Bled El Hadba, dans le Sud-Est du pays, à Oued Kebrit puis au port d’Annaba, ainsi que la réalisation du quai minéralier prévu dans le cadre de l’extension de ce même port.
Ce corridor logistique constitue la colonne vertébrale du projet intégré des phosphates, qui vise à hisser l’Algérie parmi les principaux exportateurs mondiaux d’engrais phosphatés et azotés, avec une production prévisionnelle dépassant 4 millions de tonnes par an.
D’ailleurs, Sonatrach et le groupe minier public Sonarem supervisent conjointement l’aménagement des terrains de ce projet, dont le rythme de réalisation a été jugé « avancé » par les responsables du secteur.
La finalisation de cette liaison ferroviaire doit permettre au port d’Annaba d’entrer dans sa phase d’exportation du phosphate algérien vers les marchés internationaux, une échéance qui a même conduit les autorités à envisager la création d’une société algéro-chinoise dédiée au dragage et à l’entretien de l’ensemble des ports du pays, d’Est en Ouest.
Le maillage ferroviaire du Grand Sud
Le Conseil des ministres a également évoqué la nouvelle ligne ferroviaire Ouargla – Hassi Messaoud, un projet qui vient compléter le maillage ferroviaire du Grand Sud en connectant l’un des principaux pôles énergétiques et industriels du pays au réseau national. Ce raccordement s’inscrit dans la continuité du chantier Laghouat – Ghardaïa – El Menia, dont la première phase est en cours de financement et d’accélération sur instruction présidentielle.
L’enjeu est double : réduire les coûts logistiques pour les opérateurs pétroliers et gaziers de la région, et soutenir les exportations de la future raffinerie de Hassi Messaoud, dont les premières unités devraient entrer en service à l’horizon 2027.
En reliant plus directement les bassins de production du Sud aux ports du Nord, cette infrastructure doit contribuer à améliorer la compétitivité des entreprises algériennes et à renforcer la capacité d’exportation du pays.
Troisième chantier suivi par le Conseil, la ligne ferroviaire reliant El Menia à In Salah puis à Tamanrasset prolonge vers l’extrême Sud l’effort de désenclavement engagé ces dernières années.
Cette infrastructure, qui s’inscrit dans le prolongement du corridor Laghouat-Ghardaïa-El Menia, doit à terme favoriser le développement économique des wilayas du grand Sud, faciliter la circulation des marchandises et des personnes, et accompagner la valorisation des ressources minières et énergétiques de la région.
Gara Djebilet, le symbole d’une ambition industrielle
C’est toutefois le projet de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, qui symbolise le mieux cette ambition industrielle. Disposant de réserves estimées à 3,5 milliards de tonnes de minerai, l’un des plus importants gisements de fer au monde, Gara Djebilet doit permettre à l’Algérie de réduire durablement sa dépendance aux importations sidérurgiques et de bâtir une véritable chaîne de valeur intégrée, du minerai brut jusqu’à l’acier fini.
Pris dans leur globalité, ces chantiers dessinent une stratégie cohérente : irriguer le Sud algérien de nouvelles infrastructures de transport pour accompagner l’exploitation de ses ressources minières et énergétiques, et connecter ces bassins de production aux ports du littoral afin de renforcer les capacités d’exportation du pays.
En insistant sur le maintien d’un rythme d’exécution soutenu, le président de la République confirme que ces projets, encore hier considérés comme de simples ambitions de long terme, sont désormais entrés dans une phase de concrétisation avancée, appelée à transformer en profondeur le paysage industriel et logistique algérien dans les prochaines années.
K. B.




























