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Énergies renouvelables : Le grand chantier solaire se poursuit

Énergies renouvelables : Le grand chantier solaire se poursuit

Dans le détail, l’Algérie a importé 460 MW de panneaux solaires chinois entre janvier et fin juin 2026, contre 850 MW durant la même période de 2025. Sur le plan trimestriel, les importations ont enregistré, au deuxième trimestre de l’année en cours, une forte baisse de 60 % sur un an, pour atteindre seulement 160 MW, contre 400 MW au cours du même trimestre de 2025.

Cette baisse enregistrée durant ce premier semestre intervient après une progression spectaculaire des importations l’année dernière.

Ceci dit, l’Algérie s’est nettement approvisionnée pour répondre à ses besoins en ces intrants nécessaires à la réalisation de la première partie de son programme EnR de 15 000 MW d’ici 2035. D’ailleurs, selon les prévisions du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, la première partie de cet ambitieux programme, à savoir la concrétisation de 3 200 MW, tire à sa fin, et la totalité des stations solaires prévues seront réceptionnées d’ici début 2027.

Il est à noter que, dès 2024, l’Algérie avait déjà lancé un programme de 20 centrales solaires : 15 centrales d’une capacité totale de 2 GW, 5 autres totalisant 1 GW, auxquelles s’ajoutent plusieurs chantiers en cours, dont une centrale de 200 MW et trois autres oscillant entre 80 et 220 MW.

Il va sans dire que cette évolution confirme l’efficience de la stratégie nationale qui vise à réduire la dépendance au gaz naturel, aujourd’hui encore source de plus de 90 % de la production électrique, tout en consolidant le rôle de l’Algérie comme acteur majeur des énergies propres en Afrique du Nord.

La vision de l’État dans ce sens est claire. Elle est axée sur l’importance de « Bâtir un avenir énergétique plus durable, plus souverain et aligné sur les objectifs climatiques mondiaux ». Avec 1,4 GW importés en neuf mois en 2025 et des chantiers solaires en cours dans plusieurs régions, l’Algérie s’ancre résolument dans l’ère de l’énergie verte.

L’analyse trimestrielle montre une décélération progressive des expéditions chinoises vers l’Algérie. Durant le premier trimestre, les importations de l’Algérie sont chiffrées à 300 MW. Quant au deuxième trimestre, elles ont reculé à 160 MW seulement, soit une chute de 60 % par rapport aux 400 MW du deuxième trimestre précédent et un recul de 47 % par rapport au trimestre initial.

Le recul des importations de panneaux solaires chinois au premier semestre 2026 intervient après le bond enregistré en 2025, année durant laquelle l’augmentation des importations avait notamment accompagné le lancement des travaux de construction de plusieurs centrales solaires en Algérie.

Le pays ambitionne d’atteindre 15 000 MW de capacités renouvelables installées à l’horizon 2035, selon les données relevées par la Energy Research Unit.

À la fin de 2025, l’Algérie disposait d’une capacité d’énergies renouvelables de 619 MW. Ce niveau devrait toutefois connaître une progression accélérée avec la mise en service des nouvelles centrales solaires actuellement en cours de réalisation.

D’après les prévisions du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, le solaire interviendra à hauteur de 15 % dans le mix énergétique, ce qui fera de l’Algérie la 1re en Afrique dans ce domaine.

Partenariat et financement étranger pour boucler le programme EnR

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, le gouvernement a tracé une feuille de route axée notamment sur le partenariat et le lancement de l’industrie des énergies renouvelables (fabrication de panneaux solaires, d’onduleurs, d’éoliennes…).

Si les potentialités en matière de solaire sont énormes, l’Algérie est appelée à relever le défi de l’accélération des projets et de la mobilisation des financements nécessaires à la réalisation de ce programme de 15 000 MW.

Si la première partie de ce dernier est financée par le budget de l’État, les besoins financiers pour la concrétisation de la partie restante, qui est de 11,8 GW de ce programme, sont chiffrés à près de 9,8 milliards de dollars, à l’horizon 2035, selon les données officielles.

C’est un budget important, nécessitant le recours au financement extérieur, tout en profitant des mécanismes internationaux, notamment le Fonds vert pour le climat (FVC), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et le Fonds d’adaptation, et en promouvant des coopérations régionales et bilatérales pour mobiliser le montant nécessaire.

C’est dans ce cadre que s’inscrit le rapprochement de l’Algérie avec l’Union européenne, notamment via l’initiative T-MED consistant à promouvoir une coopération transméditerranéenne pour les énergies renouvelables et les technologies propres, dans laquelle l’Algérie occupe une place de choix comme acteur clé de la transition vers les énergies renouvelables. Ce programme est qualifié d’ambitieux et bénéfique pour l’Algérie et l’Union européenne.

L’initiative T-MED permettra à l’Europe d’avoir une énergie verte décarbonée et à l’Algérie de produire localement cette énergie et ainsi de développer toute la base industrielle et de créer énormément de postes d’emploi par la même occasion.

Des initiatives sont déjà à l’étude, notamment entre l’Algérie, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, pour la réalisation de projets EnR dans le Sud algérien, pour la production de l’électricité verte destinée au marché local, mais également à l’Europe, qui veut elle aussi accélérer sa transition énergétique et réduire sa dépendance aux marchés internationaux du gaz.

Pour rappel, le pays dispose d’un énorme gisement d’énergies solaires. Cet engouement se traduit sur le terrain par d’importants projets en cours d’étude, comme c’est le cas de Medlink, un câble électrique maritime reliant l’Algérie à l’Italie.

Un autre projet similaire reliant l’Algérie à l’Espagne a également été relancé et s’ajoute au projet SoutH2 pour le transport de l’hydrogène en partance de l’Algérie vers l’UE.

H. O.

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