C’est ce soir, à minuit tapante, que prendra fin le contrat du sélectionneur national, Vladimir Petkovic, avec la Fédération algérienne de football, qui a débuté le 1e mars 2024, et ce, en attendant de connaître la suite de ce qu’adviendra la prolongation du second contrat jusqu’au 31 juillet 2028.
Après 28 mois à la tête de l’équipe nationale d’Algérie, Vladimir Petkovic peut ranger dès ce soir le contrat qu’il l’a lié à la Fédération algérienne de football dans son tiroir d’archives. Un contrat qui avait pris effet le 1e mars 2024 et qui prendra fin ce soir, 31 juillet 2026 avant zéro heure.
Durant cette période, l’ex-sélectionneur de la Suisse a coaché les Verts durant 33 matchs, avec un bilan globalement positif sur le double plan statistique et atteinte des objectifs contractuels, à savoir : 23 victoires, 5 nuls et 5 défaites.
Par année : en 2024 (10 matchs disputés, 7 gagnés, 2 nuls et 1 défaite), en 2025 (13 matchs disputés, 11 gagnés, 1 nul et 1 défaite) et en 2026 (10 matchs disputés, 5 victoires, 2 nuls et 5 défaites).
Au total, sous la conduite de Petkovic, l’Algérie a marqué 76 buts (soit 2,3 buts/match) et encaissé 31 buts (soit 0,93 but/match), et une différence de buts de +45.
Sur un plan purement contractuel, le technicien bosno-helvétique a atteint les objectifs qui lui ont été assignés dans son contrat (du 1e mars 2024 au 31 décembre 2025, prolongé systématiquement au 31 juillet 2026) que sont : qualification à la Coupe d’Afrique des nations – Maroc 2025 et qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026.
Dans ce même contrat, Petkovic devait ‘’entreprendre les meilleurs efforts pour atteindre le deuxième tour de la Coupe d’Afrique des Nations 2025’’ (Article 6) ; alors que pour la Coupe du monde 2026, aucun objectif ne lui a été exigé !
Petkovic a coûté 70 milliards de centimes à la FAF
Par rapport au volet financier, à ce jour, Vladimir Petkovic a coûté à la fédération algérienne de football la bagatelle de 4 570 000 euros, répartis comme suit : 3 780 000 euros en salaires (à raison de 135 000 euros/mois), 140 000 euros en primes de la CAN-2025 (50 000 euros pour la qualification à la phase finale, 40 000 euros pour le passage aux 8e de finale et 50 000 euros pour s’être qualifié aux quarts de finale) et 650 000 euros concernant la Coupe du monde 2026 (500 000 euros de prime de qualification + 150 000 euros pour le passage en 16e de finale parmi les 8 meilleurs troisièmes).
En dinars algérien, le coût de Petkovic avoisine les 700 MDA, soit 70 milliards de centimes, sans bien évidemment les salaires et les primes des membres de son staff technique, que sont Davide Morandi (adjoint), Paolo Rongoni (préparateur physique) et Guido Nanni (entraîneur des gardiens de but) qui sont rémunérés en devise étrangère, sans compter aussi les algériens Nabil Negiz (2e adjoint), Nacerddine Berarma (2e entraîneur des gardiens) et avant Merouane Messaï (avant qu’il ne soit remplacé par Nanni), et Réda Mouassa (l’analyste vidéo).
Pour justifier la reconduction de son contrat jusqu’au 31 juillet 2028, la FAF a repris le bilan chiffré de Petkovic, tout en rajoutant le classement FIFA des Verts passé de la 43e (février 2024) à la 29e place (juillet 2026), mais également l’absence de l’équipe nationale des éditons 2018 et 2022 de la Coupe du monde et les éliminations au premier tour des CANs 2021 et 2023.
Et puis, dans son élan de gratitude et de générosité, la FAF a revis à la hausse le salaire du sélectionneur national, le faisant passer de 135 000 à 160 000 euros/mois.
Sauf que cette reconduction, la veille du Mondial 2026, a tourné au fiasco managérial à l’issue de la compétition, épreuve majeure au cours de laquelle sont testées toutes les sélections ainsi que leurs staffs respectifs.
L’autre bilan qui fâche
L’Algérie n’a, non seulement pas brillé, mais n’a jamais autant encaissé de buts dans un Mondial : 9 buts en 4 matchs, soir 2,4 buts par match. Toutes les carences sont apparues au grand jour : pas de gardien titulaire, même si le staff a tenté le forcing Luca Zidane, loin du niveau international. Une défense loin d’être rassurante avec toutes les combinaisons testées ; un milieu de terrain qui n’a cessé de changer à chaque rencontre, et une attaque qui beugue lorsqu’elle se retrouve face à des adversaires plus costauds (zéro tir cadré contre le Nigéria lors de la CAN-2026 et face à l’Argentine en Coupe du Monde, et 2 seulement face à la Suisse).
Il ne faut pas être un spécialiste pour vite comprendre que la sélection algérienne a évolué cachée durant 28 mois, que son jeu n’a pas progressé, qu’elle a souvent flambé face à des adversaires plutôt modestes, et s’est faite ramassée par plus fort sans une véritable identité de jeu et d’ambition.
Et puis, la goutte qui a fait déborder le vase et suscité la colère des supporters des Verts, c’est assurément cette fin de match face à la Suisse où Petkovic, sans calcul certainement ni pensée malintentionnée, est allé, tout sourire, féliciter et enlacer ses anciens joueurs, faisant naître un véritable malaise chez les algériens.
En fin de compte, un bilan ne peut jamais être complet s’il ne prend pas en considération tous les paramètres possibles, matériels et immatériels, techniques, comportementaux et autres managériaux, d’autant que l’Algérie a le droit légitime d’aspirer à mieux, en rapport avec son standing, les moyens et la ressource humaine dont elle dispose.
Le président de la République l’a rappelé tout récemment : « On a une équipe. Il y a des joueurs qui ont pris de l’âge et ont décidé de se retirer, c’est normal ; mais on a une pépinière qui, si elle est bien prise en main, peut faire mieux ».
L’épilogue : vers une séparation à l’amiable, la moins douloureuse possible ?
Alors, la suite : se fera-t-elle avec ou sans Petkovic ? Aux dernières nouvelles, ça négocie dur pour une séparation à l’amiable où les deux parties (FAF et Petkovic) ne perdraient pas au change.
Les avocats du technicien suisso-bosnien plancheraient sur le dossier, alors que dans l’entourage du concerné on est arrivé à la conclusion que ce dernier ne pourrait plus poursuivre sa mission dans un environnement ‘’qui ne veut plus de lui’’. Référence faite aux très nombreuses réactions du public algérien sur les réseaux sociaux, mais également sur plusieurs médias et plateaux TV faisant de Petkovic un personnage désormais indésirable et l’attitude de la FAF à travers ses relais et le fait de solliciter une commission technique pour évaluer le parcours de l’équipe nationale.
Le nouveau contrat de Petkovic, lui, est comme l’Arlésienne : tout le monde en parle, mais personne ne l’a jamais vu. Les seuls éléments immuables sont sa durée (jusqu’au 31 juillet 2028) comme l’a annoncé officiellement la FAF, le montant fuité du salaire (160 000 euros/mois), et les objectifs minimalistes qui lui ont été assignés (carré final à la CAN-2027 et la finale à la CAN-2028).
Alors, la FAF et Petkovic parviendront-ils à une solution qui arrangerait les deux parties, évitant un ‘’mariage’’ forcé et une lourde facture à payer ? On en saura davantage dans les tous prochains jours, puisque le 1e août 2026 débutera le nouveau contrat de Vladimir Petkovic. Mais celui-là, reste une autre histoire.




























