Liamine Zeroual est né dans la ville de Batna. Il a rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale en 1957, participant à la guerre de libération jusqu’à l’indépendance en 1962.
Par la suite, il a suivi une formation militaire en Union soviétique, puis à l’École de guerre française en 1974, ce qui lui a permis d’occuper plusieurs postes de commandement au sein de l’Armée nationale populaire.
Il a ainsi dirigé l’école militaire de Batna, puis l’Académie militaire de Cherchell, et a commandé les 6e, 3e et 5e régions militaires, avant d’être nommé commandant des forces terrestres au sein de l’état-major.

Démission et tournant dans sa carrière
En 1989, Zeroual a présenté sa démission en raison de divergences avec le président Chadli Bendjedid concernant un projet de modernisation de l’armée. Il a ensuite été nommé ambassadeur en Roumanie en 1990, mais a quitté ce poste l’année suivante.
Du ministère de la Défense à la présidence de l’État
Le 10 juillet 1993, il a été nommé ministre de la Défense nationale, avant d’être chargé, le 30 janvier 1994, de diriger l’État afin de gérer les affaires du pays durant la période de transition.

Premier président élu
Le 16 novembre 1995, Zeroual a été élu président de la République, devenant le premier chef d’État issu d’une élection pluraliste, bien que l’opposition ait qualifié ce scrutin de frauduleux.
Le 11 septembre 1998, il a annoncé l’organisation d’une élection présidentielle anticipée, mettant fin à son mandat le 27 avril 1999.
Décisions et positions marquantes
Zeroual était connu pour sa personnalité simple et disciplinée. Son sang-froid lui a permis de gérer l’une des crises les plus graves de l’histoire de l’Algérie.
Il s’est également distingué par sa fermeté dans les négociations et son autorité, refusant de rencontrer le président français Jacques Chirac dans des conditions jugées inappropriées. Il a aussi rejeté plusieurs exigences du Fonds monétaire international, contribuant ainsi à préserver un niveau de vie acceptable.
Il a par ailleurs choisi de ne pas se maintenir au pouvoir, préférant écourter son mandat lorsque certaines parties du pouvoir ont entamé des négociations secrètes avec des groupes armés.

Entre critiques et reconnaissance
Zeroual a dirigé le pays dans un contexte particulièrement complexe, faisant l’objet de critiques concernant sa difficulté à maîtriser les contradictions du paysage politique et son manque de souplesse face à des dossiers sensibles.
À l’inverse, ses partisans saluent son courage d’avoir assumé la responsabilité du pouvoir dans une période difficile. Beaucoup le considèrent comme l’un des présidents les plus intègres et modestes, étant retourné, à la fin de son mandat, dans sa maison modeste à Batna, renonçant à des avantages tels qu’une voiture de luxe de marque Mercedes et une villa à Alger.

Sa position sur l’élection de 2009
Le 6 janvier 2009, le journal « El Khabar » a révélé que Zeroual avait donné son accord de principe pour se porter candidat à l’élection présidentielle, sous certaines conditions.
Il a déclaré aux personnes venues lui rendre visite chez lui qu’il ne recherchait ni poste ni responsabilité, mais qu’il se considérait comme un fils du peuple, prêt à répondre à son appel si nécessaire.

Une place particulière dans la mémoire nationale
Zeroual jouit d’un grand respect et d’une forte crédibilité auprès des Algériens depuis son départ volontaire du pouvoir à l’issue d’une élection présidentielle anticipée en 1999.
Il est considéré comme l’une des figures militaires majeures de l’Algérie dans les années 1980 et 1990. Il a occupé le poste de ministre de la Défense, a été désigné chef de l’État, avant d’être élu président de la République en 1995.

L’ancien président de la République et moudjahid, Liamine Zeroual, est décédé le 28 mars 2026 à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache à Alger, après une longue maladie.





















