Selon des données récentes obtenues par l’unité de recherche de l’énergie, le Sahara Blend algérien s’est hissé en tête du classement des bruts arabes les plus onéreux intégrés au panier de référence de l’OPEP au titre du mois d’août 2026.
Le prix moyen du baril algérien a bondi de «12,6%» sur une base mensuelle, pour atteindre «94,32 dollars le baril», contre «83,79 dollars» en juillet, soit une progression de «10,53 dollars» en l’espace d’un seul mois.
Cette envolée place le brut national devant l’ensemble de ses concurrents régionaux. Le Sahara Blend devance ainsi le Es Sider libyen, qui s’est établi à «91,37 dollars le baril» après une hausse d’environ «10%», suivi du Mourban émirati à «90,96 dollars», ajoute la même source.
L’Arabian Light saoudien, référence historique du marché, occupe pour sa part la quatrième position avec une moyenne de «86,52 dollars», en repli de «1,6%» par rapport à juillet. Le classement se poursuit avec le brut d’exportation koweïtien à «82,78 dollars» et le Basra Medium irakien à «82,04 dollars le baril».
Cette performance du brut algérien s’inscrit néanmoins dans une dynamique haussière plus large de l’ensemble des cours pétroliers arabes : le panier de l’OPEP a lui-même progressé de «4%» en août, pour s’établir à «86,44 dollars le baril», contre «82,99 dollars» en juillet.
Sur le marché international, le Brent a gagné «5%» pour atteindre en moyenne « 88,08 dollars le baril », tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a progressé de «4%» à «82,45 dollars». Hors panier de l’OPEP, les bruts d’Oman et de Dubaï ont enregistré des hausses encore plus marquées, respectivement de «13,4 %» et «13,6 %» sur un mois.
Pour l’Algérie, ce classement revêt une importance particulière. Le Sahara Blend constitue le principal brut d’exportation du pays et une source déterminante de recettes en devises pour le Trésor public, dont l’équilibre budgétaire demeure fortement corrélé à l’évolution des cours des hydrocarbures.
Une progression de plus de 12% du prix moyen mensuel du baril national, supérieure à celle enregistrée par l’ensemble des autres bruts arabes de référence, traduit un positionnement commercial favorable sur un marché international sous tension, et conforte les recettes d’exportation de Sonatrach dans un contexte où la demande mondiale demeure incertaine.
Ce résultat s’inscrit par ailleurs dans une série d’indicateurs positifs récemment enregistrés par les exportations énergétiques algériennes, entre part croissante dans les approvisionnements gaziers de certains marchés européens et positionnement renforcé sur les marchés de produits raffinés en Asie.
Un marché pétrolier mondial sous la pression des tensions dans le Golfe
Si le classement des bruts arabes reflète la situation du mois d’août, l’actualité la plus récente du marché pétrolier mondial demeure dominée par l’escalade des tensions autour des grands points de passage stratégiques du Moyen-Orient, six mois après le déclenchement du conflit qui oppose l’Iran aux États-Unis depuis la fin février.
Les cours ont connu une flambée spectaculaire début septembre, le Brent franchissant la barre symbolique des «100 dollars» le baril avant de clôturer jeudi 10 septembre à «107,63 dollars», en hausse de «6,34%» sur une seule séance.
Cette envolée a été alimentée par l’extension du conflit vers la mer Rouge : les rebelles houthis se sont emparés vendredi de la côte yéménite et des îles du détroit de Bab el-Mandeb, consolidant leur emprise sur ce passage crucial reliant l’Europe à l’Asie et annonçant l’interdiction d’accès aux navires saoudiens.
L’Arabie saoudite se retrouve ainsi prise en étau entre deux verrous maritimes. Sa production pétrolière serait tombée «au plus bas depuis 1990», selon un analyste de Global Risk Management, conséquence directe des attaques répétées visant ses infrastructures.
Vendredi, Ryad a d’ailleurs annoncé la fermeture temporaire de son oléoduc Est-Ouest, également appelé Petroline, qui relie les installations d’Abqaiq au terminal de Yanbu sur la mer Rouge.
Cet axe, d’une capacité d’environ «7 millions de barils par jour», constitue depuis le début du conflit un itinéraire de contournement essentiel face au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran.
S. I.

























