Après l’annonce, il y a quelques jours, d’un nouveau durcissement de la politique nord-coréenne vis-à-vis de ces voisins du Sud, avec notamment une reprise des émissions par haut-parleurs de slogans anti sud-coréens, Séoul a décidé une fois encore en quelques mois, de proposer des pourparlers avec Pyongyang. En effet, la Corée du Sud a proposé hier à la Corée du Nord des pourparlers militaires sur le tracé de la ligne de démarcation au centre de la Zone démilitarisée (DMZ) qui les sépare, après plusieurs incidents graves, a annoncé le ministère de la Défense. La Corée du Sud «propose officiellement la tenue de pourparlers militaires avec la Corée du Nord, afin de confirmer mutuellement l’emplacement précis de la ligne de démarcation militaire terrestre (MDL) et de discuter des moyens de rétablir les lignes de communication militaires et de prévenir les affrontements accidentels dans les zones frontalières», a déclaré le vice-ministre de la Défense, Kim Hong-cheol, lors d’un point de presse à Séoul. «Les dates et les lieux spécifiques pourront être discutés via Panmunjom», a poursuivi ce responsable, en faisant référence au seul point de contact entre les deux Corées au milieu de la DMZ, au nord de Séoul. «Séoul espère une réponse positive de la Corée du Nord», a-t-il ajouté. Il a souligné que les discussions pourraient éventuellement inclure le Commandement des Nations unies (UNC), la force multinationale menée par les États-Unis en Corée du Sud. La Corée du Nord a rompu tout contact avec la Corée du Sud depuis des années. Elle a entrepris depuis 2023 de fortifier son côté de la DMZ, une zone-tampon créée à la fin de la guerre de Corée (1950-1953), renonçant à toute perspective de réunification de la Péninsule coréenne et considérant désormais le Sud comme étant un État ennemi. Ces travaux de fortification, qui se déroulent parfois tout près de la ligne de démarcation, ont été à l’origine de plusieurs incidents ces derniers mois. En septembre, trois soldats sud-coréens ont été blessés par l’explosion de deux mines nord-coréennes dans la DMZ, Séoul affirmant qu’elles avaient été posées de son côté de la frontière, ce que Pyongyang a catégoriquement nié. L’armée sud-coréenne a par ailleurs procédé ces derniers mois à des dizaines de tirs de sommation, après ce qu’elle a présenté comme des incursions de soldats nord-coréens de son côté de la zone-tampon. La ligne de démarcation entre les deux Corées, qui traverse souvent des zones reculées de montagnes et d’épaisse végétation, n’est pas précisément bornée, d’où des divergences d’interprétation entre les deux camps. Ainsi, loin de s’arranger, la crise entre les deux pays continue à s’intensifier, alors même que l’arrivée d’un président pro-dialogue avec le nord en Corée du Sud en juin 2025, après près de trois ans de mandat d’un président très hostile à Pyongyang, avait laissé espérer que la situation entre les deux pays cousins aille en s’améliorant. Mais le régime communiste s’est montré fermé à toutes les mains tendues du Sud depuis 2025, se montrant au contraire de plus en plus vindicatif. Toutefois, rien n’indique, pour le moment, que les hostilités diplomatiques et verbales laissent place à des actions militaires concrètent pouvant mettre en danger le cessez-le-feu entre les deux Corées en place depuis plus de soixante-dix ans.

- La Corée du Sud a proposé des pourparlers militaires à la Corée du Nord.
- Cette initiative vise à confirmer l emplacement de la ligne de démarcation.
- Des incidents graves ont eu lieu récemment dans la Zone démilitarisée.
- La Corée du Nord a rompu tout contact avec le Sud depuis des années.
- Le régime nord-coréen considère désormais le Sud comme un État ennemi.























